Le KNK a exhorté Ankara à ne pas manquer cette occasion unique de parvenir à une solution démocratique à la question kurde.
Conférence de presse au siège du KNK, à Bruxelles, le 28 février, après l'appel à la paix lancé par Öcalan

Assurant le leader kurde Abdullah Öcalan de son soutien total pour la mise en œuvre de son appel à la paix et à la dissolution du PKK, le KNK a exhorté Ankara à ne pas manquer cette occasion unique de parvenir à une solution démocratique à la question kurde.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) a salué l’appel lancé jeudi, depuis la prison d’Imrali, par le leader kurde Abdullah Öcalan, en faveur de la fin de la lutte armée et de la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).  Le parlement kurde en exil, basé à Bruxelles, a déclaré vendredi soutenir « pleinement »  l’appel du fondateur du PKK, appelant le peuple kurde, ses organisations et ses partis « à agir ensemble en cette période sensible, à soutenir l’appel à la paix et à une société démocratique, à renforcer notre unité et à faire avancer la lutte pour la paix et la démocratie ».

Un jour historique

« Hier a été un jour historique dans la recherche d’une solution à la question kurde », a souligné le KNK. Après avoir rendu visite, pour la troisième fois en deux mois, au fondateur du PKK, emprisonné depuis 1999 sur l’île-prison d’Imrali, une délégation du Parti de la Démocratie et de l’Égalité des Peuples (DEM) avait lu son « appel à la paix et à une société démocratique » lors d’une conférence de presse à Istanbul jeudi. Dans cette déclaration tant attendue, Abdullah Öcalan appelle le PKK à déposer les armes et à se dissoudre.

La Turquie doit mettre fin à la guerre

Le KNK a déclaré : « Les objectifs de cet appel sont la paix, la construction d’une société démocratique en Turquie et au Kurdistan, la promotion de la politique démocratique, la démocratisation de la Turquie dans son ensemble et la résolution de la question kurde par la paix et le dialogue. » Il s’adresse à de nombreux acteurs, a souligné l’organisation. Le KNK a appelé l’État turc à mettre fin à la guerre au Kurdistan et à ouvrir la voie à une politique démocratique. En outre, il faut créer les conditions d’un environnement dans lequel Öcalan puisse vivre et travailler librement à la résolution de la question kurde. Le Parlement turc doit être le lieu où ce problème sera abordé, ajoute le communiqué du KNK.

Un soutien international est nécessaire

« L’appel d’Abdullah Öcalan doit être compris comme un signal lancé à la partie kurde pour qu’elle se réorganise, dépose les armes et fasse de la place à la politique démocratique », explique le KNK. « Car sans solution, la question kurde risque de devenir encore plus pressante et de saper la paix et la stabilité régionales. C’est pourquoi nous appelons les puissances internationales, les institutions et l’opinion publique mondiale à se saisir de cette question importante et à soutenir une solution démocratique. »

Ankara doit saisir l’opportunité de la paix

Le KNK a déclaré mesurer « la portée décisive de l’appel de M. Öcalan » et le soutenir pleinement. Toutes les forces sont désormais réunies pour promouvoir une solution pacifique et démocratique. Pour conclure, l’organisation kurde a appelé Ankara à ne pas manquer cette « occasion historique » de résoudre la question kurde par le dialogue. Et s’adressant à l’Occident, elle a déclaré : « Jusqu’à présent, la réaction internationale a été positive, mais insuffisante. Nous appelons les puissances mondiales à agir : les mots seuls ne suffisent pas. Tous les acteurs concernés doivent saisir cette occasion et jouer leur rôle pour la paix et le dialogue. »