
Près d’un million de personnes se sont rassemblées aujourd’hui à Diyarbakir pour célébrer le Newroz, le Nouvel An kurde
Aujourd’hui, près d’un million de personnes se sont rassemblées sur la place Newroz à Diyarbakir (Amed), la capitale du Nord-Kurdistan. Le programme des festivités a débuté à 10h30 par une commémoration en l’honneur du jeune Kemal Kurkut, tué par la police à Diyarbakir, alors qu’il entrait dans la zone de célébration du Newroz en 2017. Les coprésidents du parti de la démocratie et de l’égalité des peuples (DEM), Tülay Hatimoğulları et Tuncer Bakırhan, ont déposé des œillets sur le lieu où l’étudiant kurde avait été tué.
Dès les premières heures de la matinée, des milliers de personnes ont pénétré sur la place Newroz par six portes distinctes. Les forces de sécurité ont entravé les entrées, empêchant de nombreuses personnes d’entrer, notamment en raison de leur tenue traditionnelle. Néanmoins, des centaines de milliers de personnes ont rejoint la célébration.
Des représentants de partis politiques turcs, dont le CHP (parti républicain du peuple, kémaliste), et de partis affiliés au DEM, ainsi que des représentants d’ONG, de syndicats, et des personnalités telles que l’ancien maire d’Izmir, Tunç Soyer, et l’ancienne députée kurde Leyla Zana, des universitaires, des écrivains et des intellectuels ont assisté à l’événement.
En outre, des représentants des forces politiques du Sud-Kurdistan (nord de l’Irak), notamment l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), ainsi que des participants de plus de 20 pays, ont pris part aux célébrations. Plus de 700 journalistes étaient accrédités pour couvrir l’événement.
Contrairement aux attentes, aucun message de M. Abdullah Öcalan n’a été délivré cette année, la délégation d’Imrali n’ayant pas reçu l’autorisation de rendre visite au leader kurde. À la place, ses dernières photographies, accompagnées d’enregistrements vocaux antérieurs, ont été diffusées sur les écrans de la scène. La foule a réagit en scandant des slogans, exprimant son soutien à l’appel lancé par Öcalan le 27 février et demandant sa libération.
Sur la scène, ont également été lus des messages envoyés par Özgür Özel, chef du CHP, Bafel Talabani, chef de l’UPK, Masoud Barzani, chef du PDK, et Nechirvan Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).
Dans son discours, Tuncer Bakırhan, coprésident du DEM, a déclaré ce qui suit :
« L’appel lancé par M. Öcalan le 27 février envisage une Turquie où personne n’est marginalisé, où tous sont égaux et libres. Nous avons tendu la main à ceux qui recherchent la paix et prêté l’épaule à ceux qui ont besoin de soutien, et nous continuerons à le faire. La profondeur historique et la sagesse commune des relations turco-kurdes peuvent nous guider vers un avenir plus démocratique. Nous ne cherchons pas de solution ailleurs que dans le passé commun des Turcs et des Kurdes et dans notre détermination à construire un avenir commun. En pansant ensemble les blessures du passé, nous pouvons nous unir pour façonner l’avenir. Nous sommes des millions à exiger la paix, l’égalité et une société démocratique. Regardez les centaines de milliers de personnes rassemblées sur la place Newroz d’Amed : elles appellent à la paix et à une résolution démocratique. Tout le monde doit entendre le message des places de Newroz : ils sont une invitation à l’accord de paix du siècle. »
Serbest Lezgin, membre du Politburo du PDK, a lu le message du président du PDK Massoud Barzani : « J’espère qu’Abdullah Öcalan sera libéré dans un avenir proche. Nous soutenons le processus de paix et de résolution en Turquie. La paix est le seul moyen de résoudre les problèmes. Je souhaite que les souffrances des Kurdes en Syrie prennent fin le plus tôt possible. » Le message envoyé par le président du KRG, Nechirvan Barzani, allait dans le même sens. « Nous sommes prêts à faire tout ce qu’exige paix, quoi qu’il arrive. »