Morgan Ortagus, porte-parole du département d'Etat américain

« Partout dans le monde, il est toujours préoccupant de voir des élus renvoyés et remplacés par des personnes non élues », a déclaré la porte-parole du département d’Etat des Etats-Unis Morgan Ortagus, en réponse à une question d’un journaliste lors d’une conférence de presse hebdomadaire.

Lundi, le gouvernement turc a remplacé les Co-maires HDP (Parti démocratique des Peuples) de Diyarbakir, Van et Mardin par des représentants de l’Etat.

Les Maires destitués sont accusés de terrorisme du fait de leurs liens allégués avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). 

Dans le passé, Ankara a utilisé des accusations similaires pour remplacer ou révoquer des responsables du HDP.

Cette action a déclenché dans les grandes villes du Nord-Kurdistan et de Turquie des manifestations qui ont été dispersées par la police au moyen de canons à eau et de coups de matraque.

À Diyarbakir, les routes menant à la ville ont été fermées pour empêcher les manifestants de se rassembler.

Appelant Ankara à résoudre la situation « d’une manière qui soit compatible avec son engagement en faveur de la démocratie », Mme Ortagus n’a cependant pas répondu à la question de savoir si les États-Unis étaient favorables à la reprise du dialogue entre le gouvernement turc et le mouvement kurde.

« Bien sûr, nous encourageons toujours une approche large des relations de la Turquie avec les communautés kurdes », s’est-elle contentée de dire à ce propos.

Cette critique modérée du ministère américain des affaires étrangères intervient dans le contexte des négociations tendues entre les États-Unis et la Turquie sur la création d’une zone dite « de sécurité » dans le nord-est de la Syrie et à la suite de l’achat par la Turquie d’un système de défense antimissile de fabrication russe.

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