L’appel à la paix et à une société démocratique lancé par le leader kurde Abdullah Öcalan a marqué l’ouverture de la 19ᵉ conférence de la Commission civique Union européenne – Turquie (EUTCC) intitulée « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes », qui a débuté mercredi après-midi au Parlement européen à Bruxelles.
La conférence, qui réunit parlementaires européens, universitaires, militants des droits humains et représentants kurdes, se tient dans un contexte régional tendu, où les appels à la paix et à la justice rencontrent un écho croissant, notamment après les mobilisations de Newroz.
Kariane Westrheim, présidente de la EUTCC, a souligné l’importance de l’appel d’Öcalan, accueilli avec une grande reconnaissance au Parlement européen et au Conseil de l’Europe :
« L’espoir s’est transformé en force. Ce que les Kurdes expriment renforce les efforts collectifs. On l’a vu de manière tangible à Newroz : une puissance nouvelle a rempli les rues. Cette opportunité de paix doit être saisie pour aller vers une Turquie démocratique. »
« Le mouvement kurde est aussi une lutte pour la démocratie. Face à ce qui se passe en Turquie, au Moyen-Orient et dans le monde, son importance est plus claire que jamais. »
« La paix exige la volonté des deux parties. Le silence de l’État turc face à notre appel est inacceptable. L’oppression des Kurdes doit cesser, tout comme les attaques contre ceux vivant en Syrie. »
« Dans un contexte de crise, Öcalan a osé prononcer le mot « paix ». Ses propositions sont rationnelles et ancrées dans une volonté de transformation démocratique. Le temps est venu pour sa libération. »
Ebadi a insisté sur la nécessité de la démocratie réelle, rappelant que :
« La démocratie, ce n’est pas le pouvoir de la majorité, mais le respect des minorités. Ce que nous défendons, c’est un avenir où chacun jouit pleinement de ses droits. »
Ilham Ahmed (Administration autonome du Nord-Est de la Syrie)
« Le Moyen-Orient est en pleine reconfiguration. Le régime syrien ne représente pas son peuple. Öcalan doit pouvoir jouer un rôle dans la résolution régionale. »
Barrena a évoqué l’expérience basque : « La paix ne nécessite pas d’attendre un accord officiel. Elle peut être une initiative politique. Les Kurdes ne doivent pas craindre l’avenir. Öcalan doit être libéré. »
« Trump, s’il revient au pouvoir, donnera probablement à Erdoğan ce qu’il veut. Il n’arrêtera pas l’agression turque, car il ne veut pas la guerre. »
« Le mot « Kurde » a été interdit en Turquie. Aujourd’hui encore, exprimer une opinion peut mener en prison. L’UE doit cesser de fermer les yeux. La paix passe par la négociation, non par la guerre. »
Il a condamné les révocations des maires élus en Turquie et dénoncé un système antidémocratique :
« Les élus sont arrêtés et remplacés sans consultation populaire. C’est une confiscation de la démocratie. La fin du régime d’Erdoğan pourrait être proche. »
« La paix est aussi essentielle que le pain ou l’eau. Le peuple a perdu confiance. La Turquie a entamé un nouveau cycle. Le processus de paix a été abandonné pour des calculs électoraux. Il est temps de le relancer.
Cette 19ᵉ conférence de la EUTCC témoigne d’un large consensus international autour de la nécessité urgente de relancer un processus de paix durable, de reconnaître les droits du peuple kurde, et de mettre fin aux politiques de répression. Le message d’Abdullah Öcalan, bien que lancé depuis l’isolement, continue de résonner comme une clé pour une solution démocratique et une paix juste au Moyen-Orient.