Depuis l’invasion d’Afrin par l’armée turque et ses supplétifs djihadistes, les actes de pillage, de torture, d’enlèvement et autres violations des droits humains commis contre la population sont devenus systématiques. L’agence de presse ANHA en donne quelques exemples récents :

Un homme 33 ans, habitant du village de Jiqla al-Wista, a été kidnappé par la milice djihadiste Ahrar al-Sharqiya le 27 avril, avant d’être libéré contre une rançon de 100 000 lires syriennes. Dans un autre village rattaché au district de Mabata, deux hommes ont été enlevés sans qu’on en ait de nouvelles par la suite. De la même façon, un agriculteur a disparu après avoir été enlevé dans son oliveraie le 3 mai.

Le 8 mai, des milices djihadistes ont pris d’assaut des maisons dans le village de Coqa, volant du bétail et un générateur. Un acte similaire de pillage a eu lieu dans le village de Tal Tewil.

D’un autre côté, la milice Furqat al-Hamza exerce du chantage sur les villageois de Qedeh, dans le district de Rajo. Les villageois sont obligés de payer 1 million de lires syriennes pour pouvoir travailler dans leurs propres champs.

Alors que les milices de Sulayman Shah confisquent 10% des recettes agricoles du district de Shiye et de ses villages, les gangs de Furqat al-Hamza reçoivent chaque mois 500 livres syriennes des habitants du village de Coqa.

Qui sont ces milices?

Les milices Furqat al-Hamza, Suleyman Shah et Ahrar al-Sharqiya appartiennent toutes aux forces d’occupation contrôlées par la Turquie. Elles exercent des fonctions policières et militaires. Ces milices djihadistes sont composées des anciennes factions d’al-Qaïda, al-Nusra et Ahrar al-Sham. Furqat al-Hamza et Ahrar al-Sharqiya sont apparus pour la première fois dans le nord-est de la Syrie, en particulier autour de Deir ez-Zor et de Hesekê. Après avoir été chassés de la région, ils se sont retirés à Idlib en 2016, puis sont allés à Jarablus dans le cadre de l’opération “Bouclier de l’Euphrate”, prenant la place des djihadistes de Daesh qui avaient laissé les armes en vertu d’un accord avec l’État turc.

Ils jouent un rôle important dans l’occupation d’Afrin et sont impliqués dans des violations graves et répétées des droits humains, notamment les exécutions extrajudiciaire de civils. La milice Suleyman Shah fait partie de l’alliance de la milice turkmène Sultan Murad, composée d’extrémistes de droite et d’islamistes de Turquie et des États turciques. Sorte de synthèse du nationalisme turc et de l’islamisme, elle est connue pour ses actions de nettoyage ethnique et d’exécutions extrajudiciaires. L’ONU accuse, entre autres, la brigade du sultan Murad d’avoir commis des crimes de guerre lors des affrontement avec les Kurdes, à Alep.

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