En Turquie, depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une réforme judiciaire « pour renforcer l’état de droit », au moins 415 membres de l'opposition ont été arrêtés.

En Turquie, depuis que le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé une réforme judiciaire « pour renforcer l’état de droit », au moins 415 membres de l’opposition ont été arrêtés.

Suite à la démission de son beau-fils, Berat Albayrak, du poste de ministre des finances, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé, il y a plus de deux semaines, des réformes judiciaires et économiques afin, a-t-il déclaré, de « renforcer l’état de droit » et rassurer ainsi les investisseurs étrangers. Depuis cette annonce, pas moins de 415 membres de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés. Le Parti démocratique des Peuples (HDP) et le Congrès pour une Société démocratique (DTK) ont été particulièrement ciblés par ces opérations. Un grand nombre des personnes arrêtées sont toujours en garde à vue, et de nouvelles arrestations ont lieu chaque jour.

Depuis le 11 novembre, 155 personnes ont été arrêtées dans les provinces kurdes de Diyarbakir, Batman, Bingöl, Dersim et Siirt. Sept d’entre elles sont aujourd’hui en prison. Le 20 novembre, le parquet de Diyarbakir a émis des mandats d’arrêt contre 101 personnes, dans le cadre de l’enquête contre le DTK, ce qui a conduit à une grande vague d’arrestations. Parmi les 75 personnes placées en garde à vue au cours de cette opération, cinq ont été incarcérées. 

A Van, Erzurum et Bitlis, 25 personnes ont été arrêtées, dont deux envoyées en prison. À Mardin et Şırnak, 25 membres du HDP et du DBP (Parti démocratique des Régions) ont été arrêtés et une personne a été emprisonnée.

À l’ouest de la Turquie, dans les provinces d’Istanbul, Kocaeli et Bursa, 171 personnes ont été placées en garde à vue, dont des avocats, des politiciens et 109 membres du syndicat de la métallurgie qui réclamaient leurs droits.

Dans les provinces méditerranéennes d’Adana, Mersin et Antalya, il y a eu 15 gardes à vue et une détention. Six personnes sont encore en garde à vue à Mersin.

À Ankara et Izmir, 24 personnes ont été arrêtées vendredi 27 novembre, dont Mahmut Altan âgé de 73 ans.

Les journalistes ne sont pas épargnés par la répression. Le 24 novembre, un correspondant de l’Agence de presse Mezopotamya (MA), Dindar Karataş, a été arrêté à Van et incarcéré. Son collègue Hakan Yalçın, arrêté à Ankara le 27 novembre, est toujours en garde à vue. La rédactrice en chef de l’agence de presse féminine JinNews, Roza Metina, a également été arrêtée dans le cadre de l’opération contre le DTK, avant d’être libérée sous contrôle judiciaire. Arrêtée le 26 novembre, à Istanbul, la journaliste Kesire Önel est toujours en garde à vue, tandis que son confrère Davut Uçar, arrêté en même temps, a été libéré sous contrôle judiciaire.

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