Les relations économiques, politiques et militaires de l'actuelle direction du PDK avec la dictature de la coalition AKP-MHP sont problématiques et nuisibles pour les Kurdes, comme pour tout le monde, a déclaré le PKK.
Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les relations économiques, politiques et militaires de l’actuelle direction du PDK avec la dictature de la coalition AKP-MHP sont problématiques et nuisibles pour les Kurdes, comme pour tout le monde, a déclaré le PKK.

Dans un communiqué publié le 8 novembre, à l’approche de l’anniversaire du congrès fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) tenu le 27 novembre 1978 par Abdullah Öcalan et ses compagnons dans le village de Fis, à Lice, dans la province de Diyarbakir, le Comité exécutif du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) s’est penché sur les derniers évènements survenus au Kurdistan.

Le PKK a appelé le peuple kurde et ses amis, les jeunes et les femmes, dans les quatre régions du Kurdistan et à l’étranger, à célébrer le 42e anniversaire de la fondation du PKK, et œuvrer pour la liberté du Kurdistan. Dans cette optique, il a appelé à renforcer la campagne lancée par le mouvement kurde sous la devise « Mettre fin à l’isolement, au fascisme et à l’occupation ; l’heure de la liberté est arrivée ».

UNE LUTTE MILITAIRE ET POLITIQUE INTENSE DANS TOUS LES DOMAINES

Voici des extraits de ce communiqué :

« Nous assistons, au cours de ce mois anniversaire de la fondation du parti, à une lutte politique et militaire très intense dans tous les domaines ainsi qu’à des développements politiques. Avant toute chose, notre peuple patriote et nos amis révolutionnaires-démocrates s’opposent à la poursuite du système de torture et d’isolement sur l’île-prison d’Imrali et exigent la libération physique immédiate du leader Abdullah Öcalan. Même ceux qui ont construit le système de torture et d’isolement d’Imrali ne peuvent plus le maintenir ; il y a une remise en cause de ce système, comme on peut le voir dans le rapport du Comité européen pour la prévention de la torture et des traitements inhumains (CPT) ainsi que dans la résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). À cet égard, nous appelons les instances concernées à mettre en œuvre leurs résolutions et à s’assurer qu’elles soient appliquées ; nous appelons toutes celles et ceux qui défendent la liberté et la démocratie à étendre la lutte pour la liberté d’Öcalan.

LE GOUVERNEMENT TURC TENTE D’EXPORTER LA TERREUR FASCISTE

Le PKK l’a toujours affirmé haut et fort : Il n’y a pas de différence entre l’actuel gouvernement fasciste dirigé par la coalition AKP-MHP (Parti du développement et de la justice – Parti d’action nationaliste) et les formations comme l’Etat islamique (EI), l’Armée syrienne libre (ASL) et Al-Qaïda ; le premier soutient et contrôle les seconds. L’alliance AKP-MHP a ramené des quatre coins du monde des gangs djihadistes qu’elle tente d’établir au Kurdistan, d’Idlib à Derik et de Shengal à Heftanîn. A travers ces gangs qu’elle forme et organise, elle cherche, d’une part, à commettre un génocide contre les Kurdes et, d’autre part, à exporter la terreur fasciste vers l’Europe. 

Ce qui se passe aujourd’hui dans le Haut-Karabakh, en Autriche, en Libye, en France, en Afghanistan, en Europe et au Canada est une manifestation de cette réalité. Pour cette raison, nous appelons tous ceux qui se disent antifascistes et démocrates, toutes les organisations, tous les États et tous les partis à ne pas fermer les yeux sur cette réalité de l’APK-MHP et à prendre des positions fermes contre cette puissance envahissante et génocidaire qui utilise la terreur fasciste comme méthode politique.

LA RELATION TURQUIE-PDK EST PROBLÉMATIQUE ET NUISIBLE AU PEUPLE KURDE

Les relations économiques, politiques et militaires de l’actuelle direction du Parti démocratique du Kurdistan (PDK, dirigé par le clan Barzani) avec la dictature de l’AKP-MHP, qui non seulement commet un génocide au Kurdistan, mais menace également l’humanité entière avec la terreur fasciste, sont problématiques et nuisibles, autant pour les kurdes que pour tout le monde. L’appel de notre parti à mettre fin à cette relation et à améliorer les relations sur la base d’une union nationale kurde, est accueilli négativement par l’actuelle administration du PDK qui continue à approfondir sa coopération avec l’État turc.

En outre, le PDK continue à déployer des troupes dans les zones de la guérilla, comme il l’a fait à Zînê Wertê (Sud-Kurdistan) au printemps dernier, et à collaborer avec l’armée turque contre la guérilla. L’activité militaire croissante autour de Garê, après Xakurkê et Heftanîn, en témoigne également de façon évidente. À tel point que cette situation a évolué en une provocation qui œuvre pour les ennemis des Kurdes et de la démocratie.

DES CENTAINES DE COMBATTANTS TUÉS SUITE AUX RENSEIGNEMENT FOURNIS PAR LE PDK

La coprésidence du conseil exécutif de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a exprimé en détail la position politique à adopter contre l’acte de provocation de la direction du PDK. Le commandement des Forces de Défense du Peuple (HPG) fournit également des informations constantes à notre peuple et à l’opinion publique démocratique sur l’activité militaire en cours. Ces informations expriment de manière adéquate l’opinion et la position de notre mouvement pour la liberté. Notre mouvement apprécie et prend en considération les réactions exprimées par le peuple kurde et ses partis et organisations, en particulier le Congrès National du Kurdistan (KNK). À cet égard, nous nous engageons à accomplir la mission qui nous incombe. 

Cependant, il faut aussi savoir que des centaines de combattants de la liberté sont tombés dans les attaques menées par l’armée turque grâce aux renseignements fournis directement ou indirectement par le PDK. Aucun Kurde doué de conscience ne peut accepter cela. Nous ne permettrons à personne de mépriser la force du PKK ni de prétendre que le PKK s’est affaibli. Ce ne sont pas ceux qui siègent dans les palais, mais la volonté et le soutien du peuple kurde qui déterminent la position du PKK au Kurdistan. Le PKK est un mouvement qui accorde de l’importance au respect et à l’affection ; mais le respect qu’il a pour ses interlocuteurs est équivalent à celui que ces derniers lui témoignent. Les évolutions récentes ont montré une fois de plus que la lutte contre la mentalité colonialiste et génocidaire n’est pas indépendante de la lutte contre la collaboration et la trahison. Notre parti appelle tous les patriotes kurdes à s’unir sur une ligne nationale-démocratique et à lutter pour cela. »

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