Une activiste politique kurde assassinée à Kirkouk

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Une militante politique kurde originaire du Rojava a été assassinée jeudi à Kirkouk, au Sud-Kurdistan, par un individu en mobylette.
Firyal Silêman était originaire de Hassaké, dans la région autonome du nord et de l'est de la Syrie (Rojava)

Une militante politique originaire du Rojava a été assassinée jeudi à Kirkouk, au Sud-Kurdistan. Deux individus à mobylette ont tiré jusqu’à neuf balles sur Firyal Silêman Khalid avec un pistolet muni d’un silencieux. La victime est morte sur le coup.

Une militante des droits des femmes originaire du Rojava a été abattue jeudi dans la métropole kurde de Kirkouk, au Kurdistan irakien. Firyal Silêman Khalid se trouvait jeudi avec plusieurs autres personnes dans le district de Serçnar, au nord de la ville, lorsqu’elle a été abattue à bout portant par un homme armé d’un pistolet avec silencieux. Le tireur et un complice circulaient sur une mobylette avec laquelle ils ont pu s’enfuir. La police de Kirkouk a annoncé avoir ouvert une enquête pour retrouver les coupables.

D’après le média local Rojnews, l’attentat perpétré devant une école du quartier de Rehîmawe, visait vraisemblablement la femme kurde. Une première autopsie a révélé que Khalid avait été touchée par neuf balles.

Venue de Hassaké à l’invitation d’organisations de femmes du Sud-Kurdistan 

Firyal Silêman était originaire de Hassaké, dans la région autonome du nord et de l’est de la Syrie (Rojava). Elle se trouvait à Kirkouk à l’invitation d’organisations de femmes du Sud-Kurdistan. RojNews a appris que son voyage dans le Sud-Kurdistan avait pour but d’échanger sur les questions relatives aux femmes et à l’égalité des sexes.

Réactions des organisations de femmes

Le meurtre de Firyal Silêman Khalid a suscité tristesse et colère au sein des organisations de femmes. “Ce n’est pas le premier assassinat politique de femmes en lutte, et rien ne justifie des actes aussi odieux et lâches”, a déclaré Halide Türkoğlu, porte-parole du conseil des femmes du parti DEM (Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie), lors de la conférence de presse hebdomadaire de l’organisation à Ankara.

Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a également parlé d’un crime politique. “Firyal Silêman Khalid est la dernière victime d’une série de féminicides qui s’inscrivent dans la politique génocidaire anti-kurde de l’État turc”, a déclaré le mouvement dans un communiqué.

Kongra Star, l’organisation qui chapeaute le mouvement des femmes dans le nord et l’est de la Syrie, a condamné un “acte sanglant” et demandé aux autorités irakiennes de mener une enquête approfondie sur ce meurtre. “Elles doivent faire éclater la vérité. Sinon, elles seront complices du meurtre de Firyal Silêman Khalid”, a souligné Kongra Star. L’organisation a appelé les femmes à se mobiliser pour que toute la lumière soit faite sur le crime.

Attentats commandités par Ankara

Au Kurdistan irakien, les services secrets turcs (MIT), aidés par le PDK (Parti démocratique du Kurdistan dirigé par le clan Barzani), mènent régulièrement des attentats ciblés contre les membres du mouvement de libération kurde. 

Firyal Silêman est la dernière victime en date d’une série d’attentats visant des militants politiques dans la région. Son meurtre survient après celui de Deniz Cevdet Bülbün, délégué du Congrès national du Kurdistan (KNK) et professeur de langue kurde, tué à Hewlêr (Erbil) en septembre dernier. Les autres victimes sont Hüseyin Arasan, militant politique du Nord-Kurdistan (Turquie) réfugié à Sulaymaniyah ; Hüseyin Türeli, également réfugié originaire du Nord-Kurdistan ; Nagihan Akarsel, universitaire et éditrice de la revue Jineolojî; Suheyl Xurşîd Ezîz, historien et dirigeant du mouvement kurde Tevgera Azadî ; Zeki Çelebi, réfugié politique ; et Yasin Bulut du comité des familles des martyrs du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan).

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