Les avocats de Rojbîn Çetin dénoncent les « tortures atroces » subies par leur cliente
Des pancartes soulevés par des manifestantes en soutien à Rojbîn Çetin, à Istanbul le 1er juillet 2020.

Rojbîn Çetin, membre du Conseil des pouvoirs locaux du Parti démocratique des Peuples (HDP) et du Mouvement des Femmes libres (TJA), a été arrêtée le 26 juin, à la suite d’une perquisition dans son domicile à Amed (Diyarbakir), dans le cadre d’une enquête ouverte par le Procureur général de Mardin. Maintenue en garde à vue pendant 11 jours, elle a été inculpée et incarcérée pour « appartenance à une organisation terroriste ».

Rappelant que sa cliente avait été soumise à la torture et aux mauvais traitements, Mehmet Öner, avocat de Mme Çetin, a déclaré que le maintien en garde à vue de celle-ci pendant 11 jours était en soi une forme de torture, étant donné les graves problèmes de santé dont souffre l’ancienne Co-maire d’Edremit. Soulignant par ailleurs que le dossier avait été préparé sur la base de témoignages anonymes, M. Öner a indiqué que ceux-ci ne contenaient aucun indice concret. 

M. Öner a ajouté que sa cliente était une militante du HDP et qu’à ce titre, elle avait mené des activités politiques en toute transparence. Il a rappelé que des accusations similaires [d’appartenance à une organisation illégale] avaient été portées contre nombre d’autres militants du HDP.

Maître Öner a également rappelé que Mme Nalan Özaydın, co-maire de Mazidagi, qui figure dans le même dossier que sa cliente, n’avait pas été arrêtée, ce qui prouve, selon lui, que l’arrestation et la détention de Mme Çetin n’étaient pas nécessaires.

Maître Seda Zengin, également avocate de Mme Cetin, a indiqué que, lorsqu’elle s’était présentée dans le locaux du département de lutte anti-terroriste pour s’enquérir de la situation de sa cliente, aucune information ne lui avait été communiquée par la police qui avait en outre nié dans un premier temps la présence de l’intéressée dans les locaux. 

« Quand j’ai pu m’entretenir avec ma cliente dans les locaux du département de lutte anti-terroriste, a dit Mme Zengin, elle a déclaré avoir subi des tortures atroces ; elle en portait d’ailleurs des marques très visibles. Son état de santé est incompatible avec la détention, comme le démontrent les rapports médicaux qui font état d’une aggravation de sa maladie. Malgré cela, le tribunal pénal a rejeté notre demande de mise en liberté. »

Déclarant qu’elle suivrait de très près chaque étape de la procédure, Maître Zengin a ajouté que les témoignages sur lesquels était fondée l’arrestation de sa cliente étaient « vagues et abstraits ».

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