Le groupe paramilitaire syrien Difa al-Watani, responsable de provocations à Qamishlo et Hassakê détient un palmarès chargé de crimes de guerre.
Des membres du groupe paramilitaire syrien Difa al-Watani

Le groupe paramilitaire syrien Difa al-Watani (FDN), qui a récemment mené des provocations à Qamishlo et Hassakê, détient un palmarès chargé de crimes de guerre.

Les provocations menées par le régime de Damas à Qamishlo et Hassakê, à travers un groupe paramilitaire appelé Difa al-Watani (Forces de défense nationale, FDN) ont à nouveau attiré les regards vers cette structure.

Après que le gouvernement ait imposé un embargo sur Shehba et Alep et commencé à procéder à des arrestations arbitraires, la tension ressentie dans ces régions s’est étendue à Qamishlo et Hassakê.

Le groupe paramilitaire FDN a récemment pris pour cible et enlevé des civils, ce qui a entraîné des provocations à Hassakê et Qamishlo.

Une longue liste de crimes de guerre.

Organisée par le service de renseignement syrien (Mukhabarat) dès le début de la guerre civile syrienne en 2012, la milice des FDN n’est pas une nouvelle organisation.

Lorsque les manifestations du Printemps arabe ont commencé, le Mukhabarat, réputé comme le service de renseignement le plus puissant des pays arabes, a fait quelques préparatifs afin d’empêcher que les manifestations ne s’étendent en Syrie.

Vers la fin de l’année 2009, le Mukhabarat a envoyé en Iran un certain nombre d’agents pour les initier à l’organisation des milices et les entraîner à la contre-guérilla.

Après avoir reçu une formation de deux mois dispensée par les services de renseignement iraniens (Itlaat), ces personnes sont retournées en Syrie et ont commencé à organiser des milices, notamment à Damas et Alep, sous l’égide du service de renseignement de l’armée de l’air.

Leurs activités au sein du service de renseignement de l’armée de l’air, l’institution dont est issu l’ancien président syrien Hafez Assad, l’un des fondateurs du parti Ba’ath, ont renforcé le pouvoir des FDN.

Avec le début des manifestations des « Vendredis de la colère » en 2011, ces agents se sont infiltrés parmi les manifestants et ont joué un rôle important en créant des provocations et en dénonçant aux services de renseignement les personnes qui avaient participé aux manifestations.

Lors du déclenchement des affrontements en 2012, de nombreux criminels condamnés pour meurtre, vol, extorsion, viol et crime organisé ont été libérés. Ces anciens criminels ont été intégrés dans les FDN.

Créées officiellement en 2012, les FDN ont apporté un énorme soutien au régime, en particulier dans des villes comme Alep et Damas.

Cette structure, qui a d’abord pris part à des activités de renseignement telles que l’espionnage, le profilage et la provocation, a ensuite pris sa place dans les opérations menées dans les villes.

Plus tard, les FDN ont commencé à travailler en étroite collaboration avec le Hezbollah et la Force Quds affiliée aux Gardiens de la Révolution iraniens, sous le commandement de Qasem Soleimani, et se sont rapidement organisées dans de nombreuses villes de Syrie.

Le nombre de leurs membres envoyés dans les villes après avoir reçu une formation d’un mois, a augmenté rapidement. En 2013, leur effectif était d’au moins 40 000.

Les crimes de guerre dont ils sont responsables – meurtres, tortures, enlèvements, viols, rançons et pillages – dans des provinces comme Homs, Hama, Dara, Latakia, Damas et Alep, ont connu une augmentation en 2012, 2013 et 2014.

Les membres des FDN, qui ont fluctué entre les organisations de l’État islamique (EI), Al-Nusra et Ihvan (Frères musulmans) dans de nombreux endroits, ont également changé de camp pendant les combats dans de nombreuses villes.

Lors des attaques de l’EI sur Hassakê en juillet 2015, de nombreux membres des FDN ont changé de camp et rejoint l’EI. Mais, grâce à l’intervention des Unités de protections du peuple et des femmes (YPG / YPJ), Hassakê n’est pas tombée entre les mains de l’EI.

En août 2013, le parlement syrien a trouvé une couverture légale pour cette structure paramilitaire, qui n’avait jusqu’alors aucune base légale. Le parlement syrien a adopté un décret autorisant les entreprises à financer les milices.

Grâce à la protection du gouvernement et aux ressources financières, le nombre de membres des FDN a augmenté. Il est aujourd’hui estimé à plus de 100 000.

Avec la promulgation de ce décret, Fadi Ahmad (également connu sous le nom de Fadi Saqir), propriétaire d’une entreprise à Damas, financerait et commanderait les FDN.

Fadi Ahmed fait partie des 39 noms figurant sur la liste des sanctions de la loi César adoptée par les États-Unis en août 2020.

Suite aux récentes provocations des FDN à Hassakê et Qamishlo, les forces de sécurité interne de l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) ont renforcé les mesures de sécurité autour des quartiers où les FDN sont actifs.

L’AANES a, quant à elle, averti la Russie et le régime de Damas concernant les provocations des FDN.

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