
Le Comité exécutif central du Parti DEM a condamné l’arrestation des maires de la métropole d’Istanbul et des districts de Şişli et Beylikdüzü.
Le maire de la métropole d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu, le maire de Şişli, Resul Emrah Şahan, et le maire de Beylikdüzü, Mehmet Murat Çalık, ont été arrêtés ce matin, avec des dizaines d’autres personnes, lors d’une vaste opération de police, accusés de diriger un réseau criminel et d’aider le terrorisme.
Le parquet d’Istanbul a annoncé que les mandats avaient été émis dans le cadre d’une enquête sur le « consensus muncipal », c’est-à-dire l’accord de coopération entre le Parti républicain du peuple (CHP) et le Parti de la démocratie et de l’égalité des peuples (DEM) lors des élections municipales de l’année dernière. Selon les autorités de poursuite, cet accord visait à « accroître l’influence du PKK/KCK dans les zones métropolitaines, notamment en déterminant les listes des conseils municipaux avec l’approbation des dirigeants des organisations terroristes. »
Dans le cadre de cette alliance, le DEM s’était abstenu de présenter des candidats dans certains districts ou avait présenté des candidats sur les listes du CHP, ce qui lui avait permis d’obtenir des sièges dans différents conseils municipaux.
Le Comité exécutif central du Parti DEM a publié un communiqué condamnant fermement les arrestations. « Abandonnez immédiatement ces pratiques. Cessez d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire. Libérez immédiatement les personnes détenues. Comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, toutes ces pratiques sont des pratiques de coup d’État. La Turquie connaît un processus de coup d’État civil de plus en plus évident, produit conjointement par le pouvoir judiciaire et le gouvernement, qui vise toute l’opposition politique et sociale », déclare la direction du DEM.
« Les pratiques illégales, arbitraires et antidémocratiques menées depuis des années contre notre parti et notre ligne politique ont désormais pris toute la Turquie en otage. Cette mentalité de tutelle et de coup d’État est la plus grande conspiration contre l’avenir de la Turquie », ajoute le communiqué.
Et de souligner que les arrestations d’aujourd’hui s’inscrivent dans la continuation des pratiques de placement sous tutelle des mairies kurdes, visant à priver le peuple de sa volonté et à éliminer les adversaires politiques du président turc Recep Tayyip Erdogan. « Ce qui se passe aujourd’hui est également une attaque visant à briser les espoirs de paix et de démocratie du peuple turc », dénonce le DEM, en référence à l’appel à la paix lancé le 27 février par le leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan.