Human Right Watch : La Turquie « arme l'eau » dans le nord-est de la Syrie

Le contrôle des installations d’eau dans le Nord et l’Est de la Syrie par la Turquie entrave la lutte contre la pandémie COVID-19, a rapporté Human Rights Watch lundi par un communiqué.

Les forces soutenues par la Turquie ont saisi la station d’eau d’Elok en octobre 2019 au cours de l’offensive militaire lancé dans le Nord de la Syrie, près de la ville de Serêkaniyê (Ras al Ain), 460 000 personnes dans le canton de Hasseké sont depuis privé d’eau, y compris les personnes se trouvant dans les camps.

« L’incapacité des autorités turques à assurer un approvisionnement en eau adéquat aux zones tenues par l’AANES compromet la capacité des agences humanitaires à préparer et à protéger les communautés vulnérables à la pandémie COVID-19 », a déclaré l’ONG basé aux États-Unis dans une déclaration accusant la Turquie de « militariser l’eau ». 

Les « interruptions répétées » de l’approvisionnement en eau ont rendu extrêmement difficile la mise en place des mesures d’hygiène de base pour enrayer la propagation du virus, comme le lavage des mains, selon les ONG de la région.

Le manque d’eau aggrave également les conditions d’insalubrité dans les camps de déplacés de la région, ce qui en fait un foyer potentiel d’épidémie du Covid-19.

« Human Rights Watch a documenté les conditions désastreuses dans ces camps, notamment les latrines qui débordent, les eaux usées qui s’écoulent dans les tentes en lambeaux et les résidents qui boivent l’eau des réservoirs. Ces conditions sont susceptibles d’être aggravées par la fermeture des approvisionnements en eau », ajoute la déclaration.

Privé d’eau, L’UNICEF a averti la semaine dernière que la population du Nord et de l’Est de la Syrie risque davantage de contracter le COVID-19 

Frans Equiza, représentant d’Unicef en Syrie a déclaré lors d’un communiqué que : « L’interruption de l’approvisionnement en eau dans le cadre des efforts actuels visant à freiner la propagation de la pandémie fait courir un risque inacceptable aux enfants et aux familles ».

« L’eau et les installations d’eau ne doivent pas être utilisées à des fins militaires ou politiques », a-t-il ajouté.

La Syrie compte 10 cas confirmés au Covid-19 – un chiffre bien inférieur à celui des pays voisins.

Cependant, les responsables des Nations Unies ont ajouté que les rapports de Damas ne sont que « la partie émergée de l’iceberg ». 

Le pays étant toujours en proie à un conflit avec l’occupation turc, les attaques militaires de l’armée turc et des mercenaires djihadistes qui lui sont affiliés, nombreux sont ceux qui ont appelé à un cessez-le-feu national pour lutter contre le virus contagieux.

La position des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) lors d’une déclaration, dans laquelle elles ont exprimé leur soutien à l’appel du porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Stephen Dujarric, à un cessez-le-feu mondial immédiat pour faciliter la lutte contre la pandémie a été salué, Dujarric à ensuite appelé les autres parties à soutenir son appel.

« Nous avons besoin d’une coopération à travers les lignes de front qui ensanglantent le territoire syrien. Demain ne sera plus nécessaire, mais maintenant », a déclaré lundi l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen.

« La Syrie risque fort de ne pas être en mesure de contrôler la pandémie », a-t-il ajouté.

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