L’administration autonome de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord a officiellement annoncé ce dimanche l’inauguration de l’université de Kobanê. Tout un symbole lorsque l’on sait qu’il y a trois ans à peine, les Forces démocratiques syriennes menaient un combat acharné rue par rue, maison par maison face à l’intolérance et la barbarie de Daesh. La victoire paraissait alors bien incertaine. Elle n’en sera que plus belle et marquera le début du reflux territorial de l’organisation terroriste.

La cérémonie d’inauguration s’est tenue au centre artistique et culturel Baqi Khaddo en présence de nombreux représentants de l’administration autonome et du Mouvement pour une société démocratique (Tev-Dem), plate-forme pluraliste regroupant les actrices et acteurs de la vie civique et politique en Syrie du Nord. Le co-président de la nouvelle université de Kobanê, le docteur Kamal Bisrawi, a rappelé « qu’en dépit des circonstances et des difficultés auxquelles notre pays en général et la Syrie du Nord en particulier ont été confrontés, il ne faut pas s’étonner de voir la mise en place ou l’ouverture de nouveaux projets  dans la ville de Kobanê. Toutes ces réussites sont complémentaires des victoires militaires obtenues par le sacrifice de nos martyrs. »

Cité par nos confrères de l’agence d’information Hawar News Agency, Mohammad Tayeh, membre de l’appareil exécutif de l’administration démocratique autonome, a pour sa part souligné que « nous construisons aujourd’hui un monument culturel et scientifique, un centre pour étudier la réalité des personnes et des peuples afin de propager la science et le savoir. C’est une solution radicale aux problèmes et crises endurés par la population de la région de Kobanê. » Créer une université, c’est aussi ériger des murs contre l’ignorance dont se nourrit l’ensemble des groupes et organisations terroristes à travers le monde. L’instruction et les connaissances sont les armes pacifiques les plus efficaces pour lutter contre les idées rétrogrades et l’obscurantisme sur le long terme.

L’inauguration de l’université de Kobanê est aussi un message d’espoir adressé aux populations locales et à la jeune génération. C’est affirmer que la guerre ne dure qu’un temps, que la jeunesse n’est pas vouée à servir toutes ses belles années sous les drapeaux les armes à la main. Les jeunes de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord n’ont eu pour seuls choix durant de longues années que celui de combattre ou de prendre le chemin de l’exil. Aujourd’hui, l’administration autonome démontre qu’elle compte sur eux pour reconstruire et développer un territoire pour lequel des dizaines de milliers de femmes et d’hommes se sont battu-es. Le futur existe dans le nord de la Syrie, c’est notamment aux étudiant-es de le dessiner.

Après Efrîn et Qamişlo qui ont respectivement ouvert leurs portes en 2015 et 2016, Kobanê est la troisième université mise en place par la Fédération démocratique de la Syrie du Nord. Un système universitaire dans l’adversité qui fonctionne et qui ne demande qu’à étaler ses racines de la connaissance. Malgré une situation géographique enclavée, soumise aux bombardements réguliers de l’armée turque, la région d’Efrîn a vu les cursus proposés par son université doubler en l’espace d’un an. En plus des facultés de médicine, d’ingénierie agricole et de journalisme, il est désormais possible de s’inscrire en économie, littérature kurde ou ingénierie électro-mécanique. Si les matières enseignées en kurde, arabe ou anglais se multiplient, il en va de même pour les enseignant-es et les étudiant-es. Car ici les jeunes veulent savoir et croient en leur avenir.

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