Conférence de presse le 18 février 2019 à l'IHD d'Istanbul

L’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD) a donné lundi, à Istanbul, une conférence de presse sur les grèves de la faim dans les prisons. Elle a déclaré que l’état de santé de certains grévistes se rapprochait du seuil critique.

Les membres de la commission de l’IHD sur les prisons ont commencé par rappeler que la députée du Parti démocratique des Peuples (HDP), Leyla Güven, en était au 102ème jour de sa grève de la faim et que plus de 300 détenus avaient entamé une grève de la faim après Leyla Güven.

« Bien sûr, nous voulons que les grèves de la faim s’arrêtent avant qu’elles ne causent des dommages irréversibles, mais nous voulons également que les revendications des grévistes soient satisfaites. Nous voulons que les revendications soient acceptées, nous voulons que l’isolement soit levé », a dit Mehmet Acettin, l’un des membre de la commission.

L’avocate Zeynep Ceren Boztoprak, également membre de la commission, a donné un aperçu général du dernier état des grèves de la faim dans les prisons : « Dans toute la Turquie, 321 détenus mènent dans 60 prisons différentes une grève de la faim illimitée et non tournante », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que les violations des droits dans les prisons étaient devenues systématiques pendant la période d’état d’urgence et avaient continué après la levée de celui-ci.

Rappelant les pertes de vies humaines causées par les grèves de la faim en 2000, Mme Boztoprak a déclaré: « La période dans laquelle nous sommes exige que les partis politiques réagissent, qu’ils soient ou non représentés au Parlement. »

« Nous attendons des barreaux d’avocats qui ont un rôle très important à jouer, qu’ils soient plus actifs contre les pratiques de violation des droits », a ajouté Mme Boztoprak.

« Il existe un fossé entre les conditions de détention d’Abdullah Öcalan, détenu dans la prison d »İmralı depuis 1999, et son statut juridique. Contrairement à la loi, il n’est pas autorisé à rencontrer ses avocats et sa famille. Aucune communication ou correspondance n’est autorisée, on n’a aucune information sur son état de santé et ses conditions de vie quotidiennes.

On sait qu’Abdullah Öcalan n’a pas rencontré ses avocats depuis le 27 juillet 2011.

La loi ne change pas en fonction de la situation politique des personnes ou de ce qu’on ressent envers ces personnes. Dans ce cadre, la loi n ° 5275 sur l’application des peines et mesures de sécurité doit être appliquée Abdullah Öcalan, comme à toute personne. Ce que revendiquent les grévistes de la faim, c’est l’application de la loi.

Nous appelons les autorités publiques compétentes à appliquer les lois avant toute perte de vie ou tout problème de santé irréversible. De même, nous appelons les partis politiques, les barreaux, les médias et les organisations de la société civile à agir de manière à contribuer à une solution »

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