Jindires-Afrin-Kurdistan-rojinfo

L’armée d’occupation turque et ses mercenaires ont fermé la quasi-totalité des accès menant au quartier historique de Jinderes, connu localement sous le nom de al-Hara al-Tahtanyia. 

Le district de Jinderes est situé à 20 kilomètres à l’ouest de la ville d’Afrin, enclavé par les monts Nur. L’histoire moderne de Jinderes remonte à 1750 lorsque deux premières familles se sont installées dans un endroit alors appelé Çeqeli ou Çepi. Plusieurs familles ont suivi leur pas et se sont à leur tour établies à proximité. L’ensemble de ces premiers habitants vivaient à proximité du centre actuel, plus au sud, dans un quartier appelé le vieux-Jinderes ou al-Hara al-Tahtanyia.

Ce quartier est alors considéré comme le centre du district de Jinderes et le nombre de maison y dépasse les 400. L’ensemble des habitants d’aujourd’hui sont les descendants de ceux qui se sont installés ici il y a plus de 200 ans. Les maisons dans lesquelles ils vivent n’ont peu ou pas changée et la voie principale de ce quartier à l’origine de la ville de Jinderes est adjacente à un site archéologique posé sur la colline toute proche.

La communauté kurde majoritaire vit aux côtés d’une communauté arabe, beaucoup plus petite et tous vivent ensemble depuis presque trois cents ans. Durant son règne sur la région, le régime baasiste syrien a tenté de créer des divisions entre les peuples d’al-Hara al-Tahtanyia pour assoir son pouvoir, en vain.

L’occupation turque est alors arrivée. Son armée a fermé toutes les routes et accès menant au quartier par des monticules de terres barrant les chaussées. Une seule route conduit au sud et Tell Silor désormais. Le vieux-Jinderes est désormais coupé du reste de la ville. 

Les mercenaires de l’armée turque se livre à de nombreuses perquisitions dans les maisons du quartier afin d’extorquer de l’argent aux habitants pour les laisser tranquille. À l’unique point de passage qui permet de communiquer avec l’extérieur, les milices extrémistes volent les biens et kidnappent les personnes, sans motifs valables. Les bulldozers de l’occupation turque ont causé d’innombrables dommages sur les maisons alors que les pillages de véhicules ou de biens matériels se poursuivent.

Une autre source du quartier d’al-Hara al-Tahtanyia confirme que l’armée d’occupation turque et les mercenaires à sa solde kidnappent au hasard les civils, qu’il s’agisse de jeunes, de vieux ou même de femmes. Plusieurs dizaines de personnes ont ainsi été enlevées et l’on demeure sans nouvelles de beaucoup d’entre elles alors que certaines souffrent de problèmes respiratoires, d’infections ou des séquelles d’un AVC. 

Les femmes sont descendues dans la rue, face à l’annexe de la mairie ce samedi 22 juillet pour réclamer la libération des personnes enlevées. Les protestataires ne portaient rien de plus que des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, entre autres, « Oui à la paix », « Nous rejetons l’injustice et l’humiliation », « Où est la justice ? ». Ce qui n’a pas empêchait les forces d’occupation de disperser la foule par la manière forte.

Depuis le début de l’agression turque et de ses milices islamistes sur Afrin, le sort de centaines d’hommes et de femmes, de tout âge, est inconnu. Les vols, les pillages et les destructions sont devenus le sombre quotidien d’Afrin et de sa région.

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